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samedi 7 février 2009

Colmar achète propre ! (4)


«Les changements dans les transports colmariens ont également modifié la manière de faire les achats ». C’est ainsi que Julien Meyer, reporter au magazine Regio, introduisit dans le numéro de février 2019 son sujet sur l’évolution depuis 2014 de la distribution et des habitudes d’achat des consommateurs dans le bassin rhénan.
Christine, mariée et mère de deux enfants, travaille dans le secteur social. Son emploi et sa famille ne lui laissent guère de temps pour faire les courses et elle préfère consacrer ses loisirs à ses passions, la peinture et le shoping en ville. Avant de changer ses habitudes, elle se rendait une fois par semaine dans un hypermarché situé à une dizaine de kilomètres au nord de Colmar. Pour le faire, elle parcourait 20 km aller-retour, soit 1000 kilomètres par an. Selon une ancienne étude datée de janvier 2008, les clients d’un hypermarché passaient en moyenne 58 minutes dans la grande surface et 30% considéraient que faire les courses était une corvée. Christine passait davantage de temps dans son magasin et en comptant le temps de trajet elle y consacrait deux bonnes heures.

« Depuis que le centre-ville est devenu piétonnier, je fais mes achats différemment. J’achète davantage de produits courants comme le pain et certains produits frais en ville dans les commerces alimentaires de proximité. Pour le reste, je fais mes achats en ligne auprès des mêmes enseignes et selon mes envies ou mon agenda, je me fais livrer à domicile ou dans un des points relais de la ville. Le coût de la livraison à domicile est inférieur à celui du trajet aller-retour de mon domicile à l’hypermarché. Pour passer ma commande, je me connecte sur le site d’achat de la grande surface. J’affiche le contenu de mon caddy habituel, je commence par décocher les produits que je ne souhaite pas commander et je rajoute les produits manquants. En quelques minutes, je réalise mes courses qui me prenaient deux heures avant ».

Acheter sur Internet au lieu de se rendre au supermarché est aussi une démarche éco-citoyenne. L’étude de janvier 2008 citait en exemple un hypermarché situé au nord de Colmar réalisant 162 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette grande surface alimentaire voit défiler 2,7 millions de passages en caisse à raison d’un caddy moyen à 70 euros. Comme la plupart des hypermarchés, celui de notre étude est implanté à quelques kilomètres de la ville. En considérant un kilométrage moyen de 10 kilomètres, soit 20 kilomètres aller-retour, les clients de ce supermarché effectuaient 46 millions de kilomètres pour faire leurs courses, soit une consommation de carburant de 3,5 millions de litres à raison de 7,5 litres/100km. Cinq années plus tard, le service de livraison à domicile ou au point relais a permis de réduire ce montant de plus de 90% et «d’économiser » sur ce seul hypermarché 3,1 millions de litres de carburant par an.

Le système introduit il y a cinq ans a connu, depuis, quelques évolutions intéressantes et fonctionnait à l’origine de la façon suivante. Les enseignes de la distribution ont créé avec l’appui de la municipalité des points relais à différents endroits de la ville pour éviter de perdre leur clientèle et adopter une attitude plus sociétale. Les hypermarchés se sont progressivement transformés en centres de distribution qui effectuent plusieurs tournées par jour vers les points relais en ville. Dès que la commande entre en magasin un SMS est envoyé sur votre téléphone portable et vous pouvez prendre livraison de la commande. Les achats sont livrés dans des casiers à roulettes que l’on peut directement emporter chez soi. Pas de queue à faire, le casier se débloque comme les vélos avec le badge Universal. De retour au domicile, le casier est plié et rangé dans un placard. Le casier est ramené vide au point relais à l’occasion de l’achat suivant. Dans les villages voisins, la distribution se fait selon le même principe. Il est également possible de se faire livrer à domicile moyennant un supplément.

mercredi 21 janvier 2009

Transports, Colmar fait sa révolution ! (3)

Nadia est secrétaire pour une association colmarienne. C’est avec un grand sourire aux lèvres qu’elle nous parle du vélo à Colmar.
« Le vélo c’est mon espace de bonheur dans la journée mais je n’hésite pas à utiliser d’autres moyens de transport. Pour me rendre dans la famille ou chez des amis, je n’avais guère d’autres choix que la voiture. J’emprunte alors un véhicule chez Autofree. Au début, le parc automobile d’Autofree comportait une majorité de voitures à moteur thermique alors qu’aujourd’hui, celles-ci se font rares, remplacées par des voitures électriques, des voitures à air comprimé ou encore fonctionnant au GPL. Le système Autofree est très souple et il est rare de ne pas trouver dans un délai raisonnable un véhicule. Pour disposer d’un véhicule, j’interroge le serveur informatique d’Autofree avec mon téléphone portable et il me donnait en temps réel l’emplacement du véhicule le plus proche que je peux immédiatement réserver. Néanmoins, pour être certain de disposer d’une voiture, je trouve plus sûr de réserver la veille sur Internet. C’est très rapide, j’indique simplement l’heure de prise en charge du véhicule et l’heure de retour. Le lendemain, un SMS arrive sur mon téléphone portable une heure avant mon départ pour m’indiquer l’endroit où je pourrais trouver mon véhicule. Depuis quatre ans, la gestion était déjà simplifiée à l’extrême grâce à un système de géolocalisation et le badge Universal servait pour tous les moyens de transport terrestre, le badge c’était la clé de cadenas du vélo, le billet du train mais également la clé de contact de la voiture et bien sûr le moyen de paiement dans toute l’Europe nouvelle.
La géolocalisation intelligente apparue au même moment et équipant aujourd’hui chaque véhicule avait également l’intérêt d’annoncer de façon instantanée les risques de bouchon, les ralentissements, les accidents fort heureusement de plus en plus rares, ceci pour éviter le gaspillage énergétique et du temps ».

Au travers de ces témoignages, Colmar nous montre que ses habitants se sont très bien adaptés aux nouveaux modes de transport. Au début, le projet de badge unique pour les transports et la géolocalisation des véhicules suscitèrent, à juste titre, la méfiance par rapport au risque d’atteinte à la vie privée. Le Nouveau parlement européen à Strasbourg vota une modification de la constitution européenne. Ainsi, la conservation des données était limitée à une période de quelques jours et ne pouvait être communiquée qu’à de rares exceptions et sous le contrôle d’une commission aux services de police.
La ville progressivement se transforma pour arriver au Colmar que nous connaissons aujourd’hui. Les voitures se font rares dans le centre-ville. L’axe nord-sud et l’axe est-ouest sont desservis par les bus et des navettes fonctionnant au gaz.
Le vieux Colmar, maintenant en secteur piétonnier, est bien plus beau et la qualité de vie meilleure. Moins de pollution, moins de bruit, les problèmes de stationnement oubliés, moins de problèmes de sécurité et plus de satisfaction pour les habitants et les nombreux touristes.

mardi 20 janvier 2009

Transports, Colmar fait sa révolution ! (2)

Caroline est enseignante. Elle habite le centre-ville de Colmar, à deux pas de la Collégiale Saint-Martin. Elle nous raconte comment les transports intelligents ont modifié sa façon de se déplacer.

« Depuis que la vieille ville est passée en secteur piétonnier, j’ai l’impression de vivre dans une autre ville. J’adore me promener à vélo à Colmar. Il m’arrive même d’emprunter un vélo électrique Vélofree en tailleur et escarpin. Le large panier se trouvant devant le guidon est très pratique pour y déposer son sac à main. Le vélo ne pouvait malheureusement pas répondre à tous mes besoins. Plusieurs fois par semaine, je dois me rendre à l’Université de Strasbourg et à celle de Bâle et là, le train s’était naturellement imposé car le prix du billet avait baissé. En fait de billet, il n’y en avait plus. Pour régler mon voyage, j’utilisais déjà le même badge Universal que pour déverrouiller mon vélo.
Il y a cinq ans déjà, un lecteur détectait mon badge au moment où je montais dans le train et une seconde lecture était faite au moment où j’en descendais. Le coût du trajet était automatiquement déduit de mon compte Universal. On construisit une nouvelle ligne ferroviaire entre Colmar et Breisach/Fribourg. Le train entre Bâle et Strasbourg était devenu plus rapide. Les nouvelles rames De Dietrich mettaient à peine 35 minutes et la fréquence des trains avait augmenté. Le confort s’était lui aussi amélioré, les rames disposaient d’un système WiFi pour une connexion libre à Internet. L’accès aux trains a également été amélioré. Un système de guidage permettait l’arrêt du train aux endroits prédéfinis avec exactitude. La file de voyageurs pouvait se former précisément là où la porte d’accès au train allait s’ouvrir. La montée se faisait aux extrémités du wagon et la descente en son milieu tout cela sans avoir de marche à gravir.
Les tarifs depuis cette date étaient réglementés et les compagnies ferroviaires avaient fait des progrès pour se moderniser et réduire leurs coûts. Le droit de grève avait été strictement encadré sans quoi, en particulier en France, un tel développement du train n’aurait pu se faire. Le système vélo-train quant à lui avait pratiquement disparu car toutes les gares d’Alsace offraient la possibilité de louer un vélo sur place. Aucune contrainte, après la descente du train, il suffisait de se rendre à la station Velofree, passer son badge Universal sur le lecteur pour déverrouiller un vélo et l’enfourcher.
Railfree a été une véritable révolution, elle s’est faite sur plusieurs années mais quel bonheur que de prendre le train aujourd’hui ».

lundi 19 janvier 2009

Transports, Colmar fait sa révolution ! (1)

« Colmar dispose d’un riche patrimoine historique et jouit de la réputation d’une ville résolument tournée vers l’avenir. Il n’en a pas toujours été ainsi mais aujourd’hui le joyau alsacien combine harmonieusement le modernisme avec ses richesses héritées de son ancien statut de ville impériale libre du Saint Empire romain germanique ». C’est ainsi que Julien Meyer, reporter au magazine Regio, introduisit dans le numéro de janvier 2019 son sujet sur l’évolution depuis 2014 des transports dans le bassin rhénan.
L’année 2014 marqua, quelques mois seulement après que l’Europe entérina le volet « transport » du plan d’orientation pour la Nouvelle Europe, un tournant dans la façon de se déplacer à Colmar.
C’est a contrario la flambée du pétrole de 2010 qui engagea le processus de renaissance de l’Alsace après plus d’une décennie de déclin. Le prix du baril de pétrole dépassa alors, et cela durant plusieurs mois, la barre des 300 US dollars. Le prix à la pompe du super sans plomb se fixa autour de 2,20 euros le litre. Une hausse générale des produits dérivés du pétrole enchérit le prix de nombreux produits manufacturés. Le secteur de l’automobile classique fut mis à mal et plusieurs constructeurs déjà fragilisés par la crise financière de 2008 et 2009 disparurent.
Il en résulta une récession économique qui toucha plus particulièrement l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis. Les Etats européens se concertèrent puis décidèrent, après de longues et âpres négociations, de lancer un plan de relance économique, dont un des principaux volets concernait le développement des transports intelligents européens.
Jean habite un quartier périphérique de Colmar et occupe un emploi de consultant dans une agence de communication installée dans le centre-ville. Il nous raconte comment il a vécu ces changements à Colmar.
« Changer ses habitudes n’est jamais chose facile mais c’était une période très intéressante qui a vu naitre des innovations et des améliorations qualitatives dans la vie de tous les jours. Les Français se reconnaissaient dans ce projet de société dirigé vers les nouvelles technologies et les nouvelles valeurs émergeantes, la santé, la famille et le temps de vivre. La société de consommation avait perdu de sa splendeur. Avant, pour me rendre à mon travail dans le centre-ville, je prenais ma voiture. C’est au départ pour des raisons financières et éco-citoyennes que j’ai abandonné ma voiture au profit des transports intelligents Vélofree, Autofree et Railfree. Le litre de sans plomb à 2,20 euros ça aide à réfléchir.
En faisant le calcul, je me suis rendu compte qu’en combinant ces trois moyens de transport, je pouvais augmenter mon pouvoir d’achat tout en préservant l’environnement. Bien sur, le plus dur a été de prendre la décision de me séparer de mon véhicule car les peurs accompagnent toujours les changements. Mais le gain était immédiat car le vélo c’est très pratique, en particulier dans le centre-ville, où les rues sont situées en secteur piétonnier. On peut laisser son vélo en de nombreux endroits et de façon quasi instantanée sans craindre le vol. De nos jours, personne ne penserait plus à voler un vélo ni même une voiture mais il y a dix ans il en allait autrement. Le système, utilisé depuis lors, était simple, les vélos sont équipés de deux ergots fixés au cadre. Pour garer son vélo à un des nombreux portiques disposés en ville, on choisit un emplacement libre, puis on soulève l’avant de son vélo en alignant les ergots en face des logements et le tour est joué. Pour le déverrouiller, rien de plus simple, on se sert de son badge Universal ».