lundi 29 décembre 2008

Vive le super à 2 euros !


En moins de six mois, le prix du baril de pétrole a été divisé par quatre et le prix du carburant à la pompe a fortement baissé. Faut-il vraiment s’en réjouir ? A moins que la crise ne s’ancre profondément dans nos esprits, nous allons reprendre nos bonnes vieilles habitudes énergivores en tournant le dos au covoiturage, au vélo et à toutes les astuces orientées vers le transport intelligent alors qu’il faudrait au contraire accentuer nos efforts car le pétrole bon marché ne sera que temporaire. Les pays de l’OPEP ont convenu de réduire la production, les investissements pétroliers en prospection, en exploitation et en capacité de raffinage vont marquer le pas en raison d’un prix du pétrole brut insuffisamment attractif, les réserves de pétrole vont dans tous les cas continuer à s’épuiser et la matière première se raréfier. Dans quelques mois le prix du baril de pétrole va à nouveau flamber et on recommencera à réfléchir aux moyens de faire des économies…
Entre temps, les politiques de relance économique vont à renfort de subventions maintenir sous perfusion une industrie automobile en partie moribonde qui dans un avenir plus ou moins proche sera appelée à se transformer radicalement pour survivre. Certains constructeurs, trop préoccupés par le court terme et en manque d’imagination pour se renouveler, vont rater le coche et disparaître.
En France, la logique politique est calée sur la logique industrielle, cela, afin de préserver l’emploi et voilà qu’on décide la construction de nouvelles autoroutes, gelée depuis deux ans, alors que la fréquentation est en baisse. Ne vaudrait-il pas mieux dépenser cet argent à meilleur escient et développer les transports en commun ?
En France, 80% des déplacements se font en voiture, et la moitié de la population, soit 30 millions de Français, vit dans 800 villes de plus de 10.000 habitants. C’est bien en milieu urbain qu’il faut se donner les moyens d’expérimenter de nouvelles formules de transports intelligents, et repenser l’utilisation du véhicule automobile.
Limiter l’accès aux centres-villes me paraît un levier pour encourager les Français à prendre les seuls moyens de transport alternatifs à l’automobile actuellement, le vélo et les transports en commun. Cela à condition aussi que les pouvoirs publics rendent le maillon essentiel du train plus attractif, moins cher et encadrent le droit de grève des cheminots. Il faudrait à ce moment compléter au niveau local le dispositif ferroviaire pour mener, dans le même esprit, le voyageur de la gare SNCF à sa destination finale.
Pourquoi ne pas sortir des schémas classiques et penser à une utilisation différente du véhicule automobile d’autant que la période s’y prêterait plutôt bien. La fin de la voiture reine annoncée pourrait nous permettre de concevoir l’utilisation de la voiture différemment.
Il nous reste un gros effort intellectuel à fournir pour sortir un pied de la société de consommation et accepter des concepts innovants mais les arguments pour y arriver ne manquent pas.

Ils sont tout d’abord économiques. Un véhicule automobile coûte environ 5000 euros par an à son propriétaire, soit le quart du revenu moyen français. Une voiture passe une grosse partie de sa vie en stationnement et se déprécie pourtant. A raison de 15.000 km par an, ce qui correspond à la distance moyenne parcourue par les automobiles en France, à 60 km/h de moyenne le véhicule roule 250 heures. Ces heures mises bout à bout, le véhicule roule un peu plus de 10 jours par an. Autrement dit, le véhicule ne bouge plus de sa place de parking les 355 jours suivants...
Il en résulterait également une amélioration de la qualité de vie. Moins de contraintes liées au véhicule personnel, pas d’entretien, pas de contrôle technique, pas de… Moins de temps passé dans les embouteillages ou à chercher une place de stationnement, etc.

Un embellissement des villes, une partie des parkings pouvant être remplacés par des espaces verts, le bruit et la pollution en ville en forte diminution, les rues rendues aux piétons et aux cyclistes, etc.

Un substantiel gain de pouvoir d’achat par les économies réalisées sur le budget voiture.
Alors, quelles sont les solutions ?
Essayons d’augmenter la productivité des voitures, de sortir du schéma où chaque adulte possède un, voire plusieurs véhicules, et imaginons la mutualisation de l’automobile, sous la forme d’un système de location aussi simple que celle d’une bicyclette Vélib.
Rendez-vous dans le prochain post pour découvrir le Nouveau Monde des transports intelligents.

mercredi 17 décembre 2008

Le train de plus en plus cher.....

Dans l'édito du journal d'information de la Région Alsace de novembre/décembre 2008, le Président Zeller annonce que le budget 2009 pour les transports va augmenter de 3,2% argumentant que "de plus en plus d'Alsaciens se déplacent en TER". Bonne nouvelle ! Néanmoins s'agissant d'un service public, il me paraîtrait normal que le prix au mieux baisse, au pire se stabilise. Plus de clients, plus de chiffre d'affaires, alors pourquoi augmenter encore le budget ?
Aujourd'hui, la SNCF annonce par l'intermédiaire de son président Guillaume Pepy, une augmentation des tarifs pour financer la modernisation du réseau ferroviaire.
Cette juxtaposition d'augmentations est-elle justifiée? La France est loin d'une politique de transport moderne et cohérente, on préfère relancer la construction d'autoroutes gelée depuis le Grenelle de l'environnement; cela a été annoncé par le gouvernement Sarkozy le 28 novembre dernier.

mercredi 3 décembre 2008

Zoom sur Colmar - Pistes cyclables, sécurité 3

Piste cyclable avant le carrefour

La piste cyclable route de Neuf-Brisach présente à la hauteur du croisement avec la rue de la Lauch un rétrécissement dangereux.


La même piste cyclable après le carrefour

Après le carrefour la piste cyclable passe un peu plus à droite et le cycliste devra éviter la bordure de trottoir restée en place.

mardi 2 décembre 2008

Zoom sur Colmar - Pistes cyclables, sécurité 2

Rue du Grillenbreit

Du trottoir, la piste cyclable passe sur la chaussée. Le cycliste est coincé à gauche par les voitures qui circulent sur la chaussée et à droite par les voitures en stationnement. Ces dernières stationnent à cheval sur la chaussée et les trottoirs. Il me semble plus judicieux de sécuriser les cyclistes plutôt que les voitures en stationnement...
Mais où est donc passée la ligne continue gauche (à l'avant-plan) ?

mardi 25 novembre 2008

Zoom sur Colmar - Pistes cyclables, sécurité 1

Rue de la Grenouillère

Pourquoi disposer, de surcroît dans une courbe, une jardinière aussi près de la piste cyclable ?

mercredi 19 novembre 2008

Zoom sur Colmar - Pistes cyclables, du nouveau !

La ligne droite est le plus court chemin

A Colmar, les pistes cyclables rallongent souvent le parcours. C’est le cas lorsque l’on remonte la rue de la Grenouillère (ancienne caserne des pompiers) en direction du centre-ville. La voie réservée aux cycles fait un détour en empruntant la rue de la Corneille. Outre le rallongement, les aménagements ne sont pas vraiment prévus (bordure trop haute,…) et les cyclistes débouchent sans visibilité dans la rue Vauban fréquentée par de nombreux piétons et quelques automobilistes peu soucieux du code de la route.
Certes, ce n’est que du replâtrage mais la bonne décision mérite tout de même d’être soulignée.

mardi 18 novembre 2008

Le train est-il trop cher ?

C’est la question que je me pose à chaque fois que je prends le train. Un comparatif des coûts Train vs. Voiture permettra de se faire une idée plus précise. Ainsi, pour me rendre de mon domicile situé dans le quartier des Maraîchers à la Faculté de Médecine de Strasbourg il me coûtera :
Ticket de bus aller-retour de mon domicile à la gare de Colmar 2,30 euros
Billet de train aller-retour de Colmar à Strasbourg 20,80 euros au tarif normal puisque je n'ai droit à aucune réduction.
Ticket de bus aller-retour de la gare de Strasbourg à mon point de rendez-vous 2,70 euros
Ce qui nous donne un montant total de 25,80 euros.
Si au contraire, j’opte pour la voiture, je considérerais que le seul coût à supporter est celui de l’essence. Le routeur Viamichelin me donne une distance aller-retour de 148 km.
Ma voiture consommant 7 litres au 100 km, j’utiliserais donc 10,36 litres de carburant. Le carburant SP95 était affiché le 17 novembre 2008 à 1,165 euro à une station service près de chez moi, le coût du déplacement en voiture sera seulement de 12,07 euros contre 25,80 euros pour le train + bus. Le trajet est donc plus économique en voiture, et cela même si j’effectue le trajet seul. Les partisans du train me diront que je ne compte pas les coûts d’amortissement du véhicule et toutes les charges associées. C’est vrai si on applique une logique purement comptable mais dans la réalité, je paie ma prime d’assurance au même prix que j’aille ou non à Strasbourg en voiture, je peux considérer que ma voiture est amortie ou que le fait de faire ce déplacement l’une ou l’autre fois ne va pas entraîner une usure supplémentaire conséquente.
La SNCF a perçu de la Région Alsace entre septembre 2002 et avril 2008 une subvention destinée à rénover les rames d’un montant de 30 millions d’euros.
La Région Alsace a supporté l’intégralité de l’achat de 38 autorails dont la SNCF est devenue propriétaire. Pour la rénovation de la gare de Mulhouse, la SNCF a perçu de la Région Alsace une subvention représentant le tiers des travaux soit 2,155 millions d’euros. Ce ne sont là que quelques exemples car toutes les rénovations de gare sont financées parfois à hauteur de plus de 50% par la Région Alsace.
Le budget 2008 de la Région Alsace est pour la rubrique transport (n'ayant pas le détail du budget, je ne sais pas quelle quotité est destinée au train) de 241 M€, soit un tiers du budget global. Je peux donc considérer que je paie mon billet deux fois puisque un tiers de la part Région de ma taxe d’habitation et de ma taxe foncière va directement à la SNCF…Il ne reste plus qu’à trouver pourquoi le billet de train est aussi cher.

dimanche 16 novembre 2008

Colmar à vélo - mon expérience




Depuis 2007, je réalise tous mes déplacements dans ma ville, de jour comme de nuit, à vélo. Je me suis lancé début mai avec l’apparition des beaux jours et déjà j’appréhendais la pluie de l’automne et le froid de l’hiver à venir. Petit à petit, je découvrais les plaisirs du vélo à savoir un grand sentiment de liberté et le bonheur de traverser la zone piétonne de la vieille ville plutôt que de prendre les boulevards périphériques encombrés et passant au travers de zones bien moins belles.
Excellent pour la santé, économique, non polluant, le vélo peut également s’avérer le plus rapide en ville. Pas de perte de temps pour trouver ou rejoindre la place de stationnement, chez soi on le gare au plus près et à destination on trouve toujours un emplacement réservé aux vélos, un panneau routier ou une rambarde pour y cadenasser son vélo. On peut couper par les parcs municipaux, les places publiques et les rues piétonnes ; sur la route on remonte les files de voitures arrêtées au feu rouge. On peut se transformer en piéton le temps de traverser un passage délicat, un passage pour piétons,…
La ville de Colmar a réalisé des efforts pour aménager des pistes cyclables mais la sécurité n’est pas toujours au rendez-vous. En effet, les choix effectués par le passé n’ont pas souvent été les meilleurs et les premières erreurs remontent à l’origine de la création des premières pistes cyclables à Colmar. Certes, le centre-ville est une exception et on ne peut pas créer aisément dans les quartiers historiques des voies réservées aux cycles. Ainsi, on aboutit à des solutions, un peu hors du temps, où tout le monde essaye de cohabiter, piétons, cyclistes, automobilistes et transports en commun. Mais coller les pistes cyclables comme c’est souvent le cas entre la voie de droite de la chaussée et les places de stationnement n’est pas très sûr. Les voitures vous frôlent souvent de près, surtout dans les courbes où elles vous coupent même parfois la route. Les automobilistes sont souvent tentés de s’arrêter sur les pistes cyclables et obligent ainsi les cyclistes à déborder très largement sur la chaussée. De plus, les ouvertures impromptues de portière vous procurent aussi quelques poussées d’adrénaline.
L’hiver n’a finalement pas été un problème. Le matin par temps froid le corps se réchauffe dès les premiers coups de pédale, bien plus vite que dans un habitacle froid de voiture. Les jours de pluie ne sont pas très nombreux. Je n’ai aucun équipement spécial et j’ai dû me faire saucer deux fois sur la période, car même les jours de mauvais temps il ne pleut pas forcément à verse au moment où vous prenez le vélo.
Après dix huit mois de pratique, c’est une expérience réussie sur toute la ligne.

samedi 15 novembre 2008

Préambule

C’était il y a cent ans exactement, en 1908, qu’on commença à produire en grande série la Ford T aux Etats-Unis. Aujourd’hui, les voitures sont plus confortables, plus rapides, plus fiables et sûres mais elles sont encore toujours sources d’accidents trop nombreux, de comportements irresponsables de la part des conducteurs, de pollutions de toutes sortes et de gaspillage de nos réserves énergétiques.
La première ligne de chemin de fer en France date de 1827. Depuis, aucune révolution dans ce domaine, tout au plus des améliorations et il aura fallu attendre 180 ans pour aller de Strasbourg à Paris en TGV à 170 km/h de moyenne, soit un gain de moins de 1 km/h chaque année...
Quotidiennement, nous sommes confrontés aux transports et nous y passons de quelques minutes à plusieurs heures, bien plus qu’il y a quelques dizaines d’années.

Dans le domaine de l’aménagement du territoire et des transports tout ou presque reste encore à inventer et les erreurs commises depuis des décennies resteront difficiles à réparer faute de moyens.
Alors même si le génie humain est quelque peu en panne, nous pouvons tout de même, en modifiant un peu nos comportements, contribuer à réduire les rejets de CO2 et autres NOx. Personnellement, je n’ai rien inventé mais j’ai découvert le vélo. Pas celui des forçats de la route ou des vététistes du dimanche mais celui qui rend service. Le vélo de tous les jours, la bicyclette de ville si pratique et agréable pour se déplacer. C’est vers ce sujet que vont tendre les premiers posts de ce nouveau blog. Rémy Brauneisen